
Steve Amoussou sort de prison ce jeudi 20 août. L’homme que la justice béninoise présente comme le « Frère Hounvi » quitte la prison d’Akpro-Missérété après avoir purgé sa peine de deux ans de prison ferme. Une libération qui rouvre le récit d’un dossier hors norme, entre enlèvement au Togo et condamnation au Bénin.
Le cyberactiviste avait été condamné le 2 juin 2025 par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) à deux ans de prison ferme, assortis d’une amende de 2 millions de francs CFA. Les faits initialement reprochés comprenaient notamment le harcèlement par voie électronique, l’initiation et la publication de fausses nouvelles ainsi que la provocation directe à la rébellion. La peine a été confirmée en appel le 15 décembre 2025.
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Tout commence à Lomé, au quartier d’Adidogomé le 12 Août 2024. Vers 21 heures, Steve Amoussou sort pour une course. Quatre hommes l’attendent. Ils le saisissent, le forcent à monter dans un véhicule immatriculé au Bénin, puis prennent la route de la frontière est. Le procureur de la République de Lomé le confirmera quelques jours plus tard : c’est un enlèvement.
L’enquête du SCRIC progresse vite. Trois des quatre ravisseurs présumés sont identifiés : Ouanilo Fagla Medegan, directeur du Centre national d’investigations numériques (Cnin) au Bénin, Géraud Gbaguidi, alias Jojo, membre du staff du chanteur Vano Baby, et Gnandaho Gimmy, athlète des arts martiaux. Les quatre Béninois impliqués étaient au Togo depuis le 10 août. Le temps des repérages.
La justice béninoise a tranché, le Togo s’est abstenu
À Lomé, deux complices présumés sont interpellés. Une esthéticienne béninoise, chargée d’identifier l’appartement et d’attirer la victime vers ses ravisseurs. Un étudiant togolais, conducteur de mototaxi, qui a servi de transporteur. Ils sont inculpés de complicité et placés sous mandat de dépôt le 23 août 2024. Au Bénin, les ravisseurs ont également été condamnés. Deux d’entre eux ont écopé de 24 mois de prison, dont 12 mois fermes et une amende de 5 millions de francs CFA.
Dès novembre 2024, après ce verdict, le Togo avait annoncé qu’il ne poursuivrait pas les ravisseurs et désactivait les mandats d’arrêts émis. Selon Christian Trimua, Secrétaire général du gouvernement togolais, à l’époque, « dès que l’État béninois a traité l’affaire et condamné certains accusés, il n’est pas envisageable de les arrêter et de les juger une seconde fois pour les mêmes faits ». Le principe « non bis in idem » interdit une double condamnation.
Aujourd’hui, Steve Amoussou est libre. Deux justices ont parlé. Le Togo a refermé son volet. Le Bénin a condamné. Et le dossier, lui, garde encore une part d’ombre.



